C'est le nouveau cheval de bataille de l'OIF, l'Organisation internationale de la Francophonie...
Comme le montre la déclaration de Mankeur Ndiaye, le ministre sénégalais des Affaires étrangères,
il souhaite que l'OIF « crée les conditions d’une coopération dynamique afin que chacun puisse tirer
profit du potentiel que représentent les 77 États >>. Un voeu pieux que formulent les membres depuis
la création de l'OIF en 1970, mais qui n'a pas encore trouvé de concrétisation.
L'OIF regroupe 890 millions de personnes, soit 13 % de la population mondiale. Par ailleurs,
l'entité bénéficie d'une richesse culturelle et d'une diversité géographique perçues
comme un moyen de compétitivité internationale, dans une économie mondialisée.
Selon les statistiques officielles, les échanges commerciaux francophones pèsent
pour 20% dans le commerce mondial et chaque pays membre échange un quart de sa production
avec ses partenaires francophones. Quant aux investissements réalisés par les pays francophones,
ils représentent un quart des investissements mondiaux. L'OIF dispose donc d'un poids théorique important
pour peser dans l'économie mondiale avec pour clé de voûte une langue commune.
Ce qu'il manque pour y parvenir
Au mois d'août dernier, Jacques Attali a remis au président François Hollande son rapport
sur la Francophonie économique. L'économiste y révèle que sur le seul continent africain,
le nombre de francophones a augmenté de 15% en quatre ans, et prévoit qu'à l'aune de 2050
il y aura 770 millions de francophones dans le monde, soit bien plus que d'arabophones,
de lusophones ou d'hispanophones. Fort de ces chiffres Jacques Attali prône la création
d'un espace économique intégré à l'image du Commonwealth anglophone, et affirme que
la Francophonie économique peut être un « moteur de croissance durable >>.
Sur le papier le projet est séduisant, mais dans les faits il y aura des freins...
avant que tous les pays membres n'acceptent une unification de leurs politiques économiques
et l'ouverture de leurs marchés. Qui plus est, il faudra bien tenir compte de l'inégalité
des niveaux de richesse de chaque pays. Car parmi les pays africains membres de l'organisation,
la majorité fait partie des pays les plus pauvres... À l'inverse du Commonwealth qui compte
parmi ses membres des pays comme l'Afrique du Sud ou le Nigeria, fers de lance de l'économie africaine.
Une force de frappe économique